Récit de l’opération "1731 lettre aux élus de la Nation" du 14 mai 2012

Récit de l’opération « 1731 lettre aux élus de la Nation » du 14 mai 2012

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Socle commun : la faute à Bruxelles ?

Le socle commun au service d’un néolibéralisme économique téléguidé par Bruxelles ? Refrain connu dont on retrouve la trace dans un récent article signé Angélique Del Rey, paru sur Aggiornamento. Mon commentaire ne suit pas la même direction…

L’analyse d’Angélique Del Rey pèche par deux approximations, intentionnelles ou pas.

La première est d’ordre chronologique : la démocratisation scolaire à laquelle on travaille un peu partout dans le monde « depuis la fin de la seconde guerre mondiale », se serait donc soldée par un échec. Même si l’affirmation n’est que partiellement fondée – en France, on peut considérer qu’un système éducatif qui permet à 65 % d’une classe d’âge d’accéder au bac est quand même plus « démocratique » que lorsque ce chiffre ne dépassait pas 5 ou 10 % – il paraît difficile d’en attribuer la responsabilité à des décisions européennes (cf les Recommandations de 2006) prises beaucoup plus tard et abusivement assimilées « aux politiques néolibérales des années 80 ». Les sociétés n’ont quand même pas attendu l’Europe pour sélectionner leurs élites.

Limiter la recommandation du Parlement européen et du Conseil de l’Europe du 18 décembre 2006 à  des soucis de « flexibilité », d’ « employabilité » ou de compétitivité économique est abusif, alors que le texte incriminé parle plus précisément de la nécessité  « (…) d’identifier et de définir les compétences clés nécessaires à l’épanouissement personnel, la citoyenneté active, la cohésion sociale et l’employabilité dans une société fondée sur la connaissance ». On touche là à la seconde approximation de l’article, celle entendue un peu partout ces dernières années, qui fait du socle commun de connaissances et de compétences une sorte de cheval de Troie du libéralisme économique qui aurait pour but ultime, selon Angélique Del Rey, de « soumettre l’enseignement aux impératifs du monde du travail ». Un objectif que j’avoue ne pas retrouver dans le socle en question dont il n’est pas inutile de rappeler les principes (décret du 11 juillet 2006) : « La spécificité [du socle] réside dans la volonté de donner du sens à la culture scolaire fondamentale, en se plaçant du point de vue de l’élève et en construisant des ponts indispensables entre les disciplines et les programmes. Il détermine ce que nul n’est censé ignorer en fin de scolarité obligatoire sous peine de se trouver marginalisé. L’école doit par ailleurs offrir à chacun les moyens de développer toutes ses facultés. Maîtriser le socle commun, c’est être capable de mobiliser ses acquis dans des tâches et des situations complexes, à l’école puis dans la vie ; c’est posséder un outil indispensable pour continuer à se former tout au long de la vie afin  de prendre part aux évolutions de la société ; c’est être en mesure de comprendre les grands défis de l’humanité, la diversité des cultures et l’universalité des droits de l’homme, la nécessité du développement et les exigences de la protection de la planète ».

Difficile de voir dans ces principes la main d’un libéralisme économique effréné. Par contre, ce qui ne fait guère de doutes, c’est la volonté consciente ou non, manifestée ces dernières années par l’Education nationale, de ne pas tenir compte – ou le moins possible – du socle pourtant annexé à la loi d’orientation mais aujourd’hui dénaturé, galvaudé, au point qu’il n’en reste quasiment plus rien, sinon un triste livret personnel de compétences, tellement caricatural qu’il a cristallisé toutes les oppositions, même parmi les partisans de l’évaluation par compétences. Le DNB réduit le socle à sa portion congrue ; quant aux programmes de l’école comme du collège, ils l’ignorent superbement, restant définis par des cloisons étanches, contraires à la nature du socle de compétences et de connaissances dans une logique d’approche transdisciplinaire que n’ont jamais acceptée les lobbies disciplinaires, celui d’histoire n’étant pas le plus discret en la matière, très mobilisé au nom de la défense de la transmission des « savoirs », comme s’il suffisait de transmettre des savoirs pour les faire acquérir par les élèves.

L’histoire du socle commun, qui a maintenant huit ans d’âge, est celle d’un texte dont les responsables politiques, effrayés par l’audace des rédacteurs, auraient tout fait pour atténuer les effets, au point de le rendre méconnaissable.

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Le président hybride

Mammouth Déchainé. – Cela manquait peut être un peu de drapeaux rouges et de chars soviétiques, hier, au pied de la statue de Jules Ferry dans les Tuileries, à l’occasion du discours (il est là) de FH2012 sur l’éducation.

…Discours radieux, apaisé, humaniste, de réhabilitation de l’Ecole (contre l’argent) de la connaissance et du savoir, limite orgasmique pour les enseignants présents, après cinq ans de performances, d’évaluation, de rentabilité, de suppressions, de gestion de flux et de leviers d’efficacité.

…« Une génération de bons citoyens » que doit former l’Ecole, comme disait Ferry (qui s’y connaissait en méthodes pour écraser du Germain, et sortir les têtes blondes des griffes du curé – à bas la calotte).

…Le Mammouth rappelait il y a peu les fondements (voir plus bas) : nouvelle formation (tiens on ne parle plus d’évaluation), moyen de retrouver ses missions fondamentales (?), 60 000 postes, mais dans un contexte budgétaire dans lequel on ne touche à rien.

…François Hollande veut « relancer la dynamique des lycées des métiers », créer des « réseaux d’établissements et des campus des métiers, mettant en synergie les formations professionnelles et technologiques sur un champ donné, du CAP au BTS ou au DUT ». 

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Discours de François Hollande

Ce jour, après son investiture, François Hollande, nouveau Président de la République Française a prononcé un discours en hommage à Jules Ferry. Le voici, afin que chacun d’entre nous puisse pouvoir faire des bilans d’étapes des principes revendiqués et de leurs applications et demander des[...]

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Un mythe qui a la vie dure : Jules Ferry selon Foucambert – par collectif.ecoles.ouest.lyonnais le 15/05/2012 ~ 00:36

Nous relayons l’article de N’Autre Ecole, la revue de la fédération CNT des travailleurs de l’éducation :Candidat, François Hollande avait axé sa campagne sur les questions d’éducation.Président, il place sa cérémonie d’investiture sous la figure et l’héritage de Jules Ferry avec un hommage à la statue du ministre aux Tuileries.Ce choix est un signal inquiétant. D’abord parce que Jules Ferry est l’homme de la colonisation (« Si nous avons le droit d’aller chez ces barbares, c’est parce que nous avons le devoir de les civiliser […] Il faut non pas les traiter en égaux, mais se placer au point de vue d’une race supérieure qui conquiert » (Discours àla jeunesse, mars 1884).Quant à « son » école, construite sur les décombres de la Commune de Paris, si elle fut bien une école « pour » le peuple, elle ne fut jamais l’école « du » peuple : « Il est nécessaire que le riche paye l’enseignement du pauvre, et c’est par là que la propriété se légitime » affirme celui qui entendait surtout, grâce à ses lois scolaires, « clore l’ère des révolutions ».Nous profitons donc de l’occasion pour faire circuler le chapitre « Un mythe qui a la vie dure : l’école de Jules Ferry selon Foucambert », extrait de l’ouvrage Pédagogie et Révolution (Grégory Chambat, éditions Libertalia, 2011,203 p., 14 € – vente en librairie et en ligne : http://www.cnt-f.org/nautreecole/?Pedagogie-et-revolution-Gregory) En pièce jointe, les pages 31 à 38 du livre Pédagogie et Révolution : Un mythe qui a la vie dure : l’école de Jules Ferry selon Foucambert.N’Autre Ecole Un mythe qui a la vie dure : l’école de Ferry selon FoucambertDu haut de la tribune de l’Assemblée, défendant son projet d’école « publique, laïque, gratuite et obligatoire », Jules Ferry ne cache nullement son ambition de « mettre fin à l’ère des révolutions ». Ne plus revivre le cauchemar de la Commune, doter le pays d’une école adaptée aux besoins croissants de l’industrie, assurer la paix civile : « Dans les écoles confessionnelles, les jeunes reçoivent un enseignement dirigé tout entier contre les institutions modernes. […] Si cet étatde chose se perpétue, il est à craindre que d’autres écoles se constituent, ouvertes aux fils d’ouvriers et de paysans, où l’on enseignera des principes diamétralement opposés, inspirés peut-être d’un idéal socialiste ou communiste emprunté à des temps plus récents, par exemple à cette époque violente et sinistre comprise entre le 18 mars et le 28 mai 1871. »  Cent ans plus tard, au printemps 2003, des enseignants « en lutte » se revendiquaient de ce même Ferry contre son homonyme et lointain successeur… et nul ne s’en étonnait, ne s’en révoltait… si ce n’est Jean Foucambert, l’inlassable animateur de l’Association française pour la lecture. Cet aveuglement de ceux qui auraient dû constater – et contester – les limites de l’école de Jules Ferry a sans aucun doute pesé sur le projet de réédition d’une œuvre initialement publiée au milieu desannées 1980. Les victoires de Jules FerrySans nul doute, L’École de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure n’a perdu ni de sa pertinence ni de son actualité : « Comprendre comment fonctionnait l’école de Jules Ferry, c’est se donner le moyen, tout à la fois, de lutter contre la nostalgie ambiante et d’éviter les fausses solutions qui ne font que la renforcer. » Car, pour Foucambert, bien qu’enterrée par le collège « pour tous », l’école de Ferry a finalement tenu son pari : « Instruire en détournant contre lui l’instruction que le peuple revendiquait pour son émancipation. » Depuis la première édition, le combat pour l’égalité n’a cessé de reculer au profit de « l’égalité des chances ». Une défaite pour tous ceux qui s’étonnaient, à la suite de Robespierre, que les opprimés remettent aux oppresseurs le soin de les éduquer, « comme si un homme d’affaires était chargé d’apprendre l’arithmétique à ceux qui doivent vérifier ses comptes… » Suite en ligne ici : http://www.cnt-f.org/nautreecole/?Pedagogie-et-revolution-Gregory

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Revue Emancipation n°9 : la « Une » et le sommaire

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Haute-Garonne : Marquer la nécessaire rupture dès aujourd’hui! Appel unitaire départemental de Sud Education, CGT éduc’action, SNUipp FSU

Dès maintenant, il est essentiel de marquer une rupture avec la politique destructrice de ces dernières années. Il est indispensable de se rapproprier notre métier tout autant que le sens de notre action. Nous devons prendre le temps pour y réfléchir en équipe, réfléchir à ce qui nous pose difficulté, réfléchir aux priorités, réfléchir à la reconstruction de l’École Publique et aux « dix urgences pour la rentrée »…

  • C’est pour cela que dès à présent nous proposons aux collègues de suspendre l’aide personnalisée et d’utiliser ce temps en réunion d’équipe pour cette réflexion.
  • C’est pour cela que nous proposons aux collègues de refuser de remplir le LPC, symbole de l’école libérale qu’a voulu construire le gouvernement et le ministère Chatel.
  • Enfin, c’est pour cela que nous proposons aux collègues de n’accepter aucune pression sur les évaluations nationales, de ne pas les faire passer, de ne pas les faire remonter à l’administration et ainsi, symboliquement, de marquer le refus de la politique de casse / de cases de l’école.

Par ces trois actions, les enseignants s’emparent de leurs revendications au lendemain de l’élection présidentielle, et exigent des mesures d’urgence pour l’école dès la rentrée,

Par ces actions, nous voulons engager ensemble le chantier pour une école plus juste.

Agir dès à présent pour l’école

L’école est un enjeu d’avenir essentiel, particulièrement dans une société profondément déstabilisée par la crise, et où les inégalités sociales sont de plus en plus marquées et aggravées par la politique de ces dernières années (voir Rapport Cour des comptes…).
Dans ce contexte, elle doit répondre à des attentes très fortes et parfois limitatives : déboucher sur un métier et un emploi sont devenues la préoccupation première. Mais il serait dangereux de limiter le rôle de l’École à cela : permettre à chacun de s’épanouir en tant que personne et de se situer en tant que citoyen émancipé dans la société, sont des dimensions également incontournables.

La place qu’ont occupée les questions d’éducation dans les débats électoraux actuels est un signe de l’importance de ces questions. Dans une situation où le système éducatif subit depuis plusieurs années des remises en cause fondamentales, touchant au sens même des missions qui lui sont confiées, à son unité, à son caractère de Service Public national, également présent sur tout le territoire, il est aujourd’hui nécessaire de reconstruire. Reconstruire du sens, reconstruire les structures et les moyens, reconstruire la confiance…Reconstruire pour réduire les inégalités scolaires, pour permettre à l’École de mener tous les élèves sur le chemin de la réussite (dans toutes ses dimensions, personnelle, sociale et professionnelle).

Pour cela, nous devons articuler la réflexion sur les transformations nécessaires de l’École avec les batailles pour obtenir les moyens indispensables et la nécessaire abrogation des réformes destructrices des dernières années (inflation évaluative et programmes inadaptés et cumulatifs, Livret à mise en case des élèves…). Parce que celles-ci sont attachées à une vision de la société fondée sur la concurrence généralisée, l’individualisme à outrance, la loi de la jungle au final, vision incompatible avec le projet que nous portons pour l’École et la société.

Pour demain, pour faire reculer l’échec scolaire, être à la hauteur des ambitions et des enjeux, il s’agit bien de diminuer les effectifs dans les classes et d’introduire des maîtres supplémentaires dans les écoles, pour favoriser des approches pédagogiques favorables aux élèves les plus éloignés de la culture scolaire, pour permettre le travail en petits groupes…

  • Il s’agit bien de rétablir une véritable formation professionnelle des enseignants pour faire face aux exigences du métier complexe qui est le nôtre.
  • Il s’agit bien de rétablir les moyens nécessaires dans tous les domaines, depuis la maternelle.
  • Il s’agit bien de mettre en œuvre les dispositifs adaptés pour des aides spécialisées aux élèves en difficultés à la hauteur des besoins.
  • Il s’agit bien de permettre un égal accès de tous à l’Ecole en instaurant une gratuité véritable et une péréquation entre communes au niveau des dotations…

Pour cela, il faut aussi préserver le statut des enseignants et reconnaître leur travail par un salaire à la hauteur.

C’est parce que nous sommes convaincus de ces enjeux, que nous les portons avec sincérité, que nous pensons indispensable d’agir dès  maintenant

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Sud éducation Lorraine : Comment l’aide personnalisée tue les RASED

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Refonder l’école : les défis de Vincent Peillon

Vincent Peillon, probable ministre de l’Education aura fort à faire. Bien que le Ministère de l’Education semble privilégier avec la création de 60 000 postes, la feuille de route que donne François Hollande est semée d’embûches. Le travail à accomplir est immense si l’on ne veut pas que la « refondation de l’école » ne soit qu’une formule. En cas d’échec, l’école républicaine n’y survivrait pas.

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Imposer le changement, maintenant.

Les Vigies pour l’Ecole du Jura (qui rassemble parents et syndicats enseignants), le Collectif des Parents et Enseignants en Colère du Doubs, et le Collectif des Parents de la Creuse ont ainsi rédigé trois lettres, photocopiées et mises sous pli pour être déposées à la questure de l’Assemblée nationale, lundi 14 mai à 14h00.


…On note que ces discriminations anti-républicaines ne se produisent pas en Seine-St-Denis, dans le Pas-de-Calais ou dans la Creuse mais dans les coins huppés : le département des Yvelines est l’un des plus riches de France et son taux de chômage très inférieur à la moyenne nationale.

…Mammouth déchaîné- François Hollande s’est engagé à promouvoir l’école publique laïque et à revenir sur certaines des mesures phares de son prédécesseur, le  » Président-prédicateur de Riyad et de Latran », dans une lettre adressée le 16/04/2012 à des associations laïques réunies au sein du CNAL (Comité national d’action laïque), François Hollande précise ses intentions; et il en ressort que:

- Compte tenu du fait (reconnu par François Hollande) que c’est l’enseignement public « qui a le plus souffert des suppressions de postes » (NDLR: alors que le public a perdu 77.500 emplois, les écoles privées confessionnelles n’en ont perdu que 2.500), François Hollande s’engage donc à affecter en priorité à l’enseignement public  les 60.000 postes créés.

…- La loi Carle sera modifiée et François Hollande s’engage par ailleurs à ce que l’État contraigne les communes à financer la construction d’écoles publiques lorsque celles-ci n’existent pas et que les parents ne se voient proposer pour leurs enfants que la scolarisation dans une école privée.

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